C'est ce dimanche 12 juin 2022, que le Roi Philippe et la Reine Mathilde sont arrivés dans la ville de Bukavu au Sud-Kivu, pour effectuer la dernière étape de leur visite en République démocratique du Congo. Au programme de cette journée est prévue une tête à tête entre le couple royal belge et le prix Nobel de la Paix 2018, le docteur Denis Mukwege, mais également une visite à l'hôpital de Panzi pour rencontrer les victimes des violences sexuelles qui sont soignées dans cet hôpital.
À cette occasion le docteur Denis Mukwege était en conférence de presse ce dimanche dans les avant-midi, pour s'adresser à la communauté internationale sur la situation sécuritaire à l'est du pays :
« Aujourd’hui, le Congo est en train de saigner. C’est peut-être même plus que l’hémorragie du passé. Si vous laissez cette hémorragie continuer vous allez vous occuper des cicatrices. Le Congo ne sera plus là après », a dit le gynécologue congolais.
Celui qu'on a surnommé le réparateur des femmes, a pointé du doigt le Rwanda comme étant le commanditaire de la guerre en est du Congo depuis plusieurs années maintenant :
« Le bruit des bottes du groupe armé M23 soutenu par le Rwanda réveille le tourment de notre population dont les trois dernières décennies ont été jalonnées de massacres horribles, de déplacements massifs de populations, de viols et de violences de toutes sortes. Vous connaissez les tragédies de cette région qui ont été finement répertoriées dans le rapport mapping de l’ONU », a t-il ajouté.
Enfin le docteur Denis Mukwege a invité le couple royal à porter haut la voix des victimes des violences sexuelles en République démocratique du Congo :
« Ils vont entrer en contact avec le peuple meurtrier. Ils vont toucher de leurs doigts la souffrance de la femme congolaise. Donc pour moi, c'est très très important, ça c'est une expression d'humanisme et cet humanisme doit aller plus loin. Je pense qu'ils sauront transmettre à la population européenne la souffrance des femmes congolaises », a t-il conclu.
Signalons que la situation sécuritaire à l'est de la République démocratique du Congo demeure préoccupante depuis plusieurs décennies et pour les autorités congolaises c'est le Rwanda qui se cache derrière les groupes armées qui opèrent à l'est du pays. Ce dimanche 12 juin, le ton est encore monté entre Kinshasa et Kigali, le gouvernement congolais a sommé le Rwanda de mettre fin à son soutien au M23.
Monge Junior DIAMA