A quelques mois des prochaines élections en République démocratique du Congo, plusieurs politiciens affûtent déjà leurs armes dans tous les sens afin de récolter un bon résultat en 2023.
Parmi eux, Vital Kamerhe, qui depuis peu devient petit à petit pour les uns « le joker électoral de 2023 », juste après sa sortie de prison, lavé et acquitté dans le cadre du procès relatif au détournement des fonds alloués au programme de 100 premiers jours du chef de l'État.
Alors que les déboires judiciaires à son encontre et le non respect de certains points des accords de Nairobi signés en 2018, laissaient présager une probable rupture de relation avec son allié politique Félix Tshisekedi, le président de l'UNC est resté attaché à ce dernier au point de devenir à ce jour l'un de principaux piliers lors des élections de 2023.
Une tournée pour mesurer la popularité
Auréolé d'une nouvelle image après sa sortie de la prison où il aura mûri, certes, autant des réflexions et analyses politiques, Vital Kamerhe est sur terraln depuis le 12 septembre dernier pour une tournée de solidarité dans la partie Est de la République démocratique du Congo. Accompagné de plusieurs hauts cadres de son parti politique l'Union pour la nation congolaise (UNC) dont Billy Kambale, son secrétaire général et Jean-Baudoin Mayo, ancien ministre du budget, c'est dans la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu que l'ancien directeur de cabinet du chef de l'État a débuté cette villégiature de communion avec la population meurtrie par l'insécurité. D'ailleurs, il se dit presque gêné de parler actuellement des questions purement politiques, au moment une partie du pays, en l'occurrence la cité de Bunagana, est occupé par les rebelles M23.
Toutefois, cette visite est perçue par plus d'un comme un thermomètre pour mesurer la température de la popularité de Vital Kamerhe, après deux ans d'inactivité politique mais surtout en vue de la prochaine présidentielle, où il devra probablement battre campagne pour la réélection son allié Félix Tshisekedi, à défaut d'être candidat, d'autant qu'en politique, aucune alliance n'est éternelle, disent les avertis. Le président national de l'UNC semble déjà réussir son test de popularité, après avoir trainé une foule immense lors de son arrivée dans la ville gomatracienne avant de récidiver à Masisi.
Le faiseur de rois
Directeur de campagne de deux candidats vainqueurs à la présidentielle (Joseph Kabila en 2006 et Félix Tshisekedi en 2018), mais également troisième à la présidentielle de 2011, juste derrière Joseph Kabila et Étienne Tshisekedi, Vital Kamerhe apparaît à ce jour comme étant un expérimenté des élections présidentielles suite à ses résultats depuis plus de 15 ans.
Au regard de la progression de son alliance avec Félix Tshisekedi, Vital Kamerhe semble prêt à faire le remake de 2018, c'est-à-dire ne pas se présenter à la présidentielle pour soutenir Tshisekedi. Un ticket qui avait déjà créé la « surprise » en 2018 en remportant ce scrutin alors les noms de Fayulu et Shadary étaient plus cités pour succéder à Joseph Kabila.
L'affaire "100 jours" toujours dans les esprits
Bien que populaire, Vital Kamerhe a toutefois perdu certains de ses soldats suite à l'affaire "100 jours" dans son volet des maisons préfabriquées dans laquelle, l'ancien directeur de cabinet du chef de l'État était accusé de détournement des fonds, en complicité avec le libanais Samih Jammal.
Arrêté et condamné à 20 ans de prison en 2020 en première instance, Vital Kamerhe sera finalement acquitté en appel en 2022 par la justice congolaise. Malgré ce blanchiment par la justice, le doute continue de planer dans les esprits de certains au regard notamment de la non poursuite des travaux.
Monge Junior Diama