Alexandre De Croo, Premier ministre du royaume de Belgique a présenté ce lundi 20 juin 2022, au nom de son gouvernement des excuses à la famille biologique de Patrice Emery Lumumba, ex-Premier ministre congolais suite à la responsabilité morale de certains dirigeants et fonctionnaires de l'ex-puissance coloniale dans son assassinat le 17 janvier 1961 au Katanga.
Le Premier ministre belge s'est exprimé devant son homologue congolais Jean-Michel Sama Lukonde et les enfants de Patrice Lumumba, réunis devant un cercueil qui devait accueillir un coffret contenant une dent de ce dernier :
« Cette responsabilité morale du gouvernement belge, nous l’avons reconnue et je la répète à nouveau en ce jour officiel d’adieu de la Belgique à Patrice Emery Lumumba. Je souhaiterais ici, en présence de sa famille, présenter à mon tour les excuses du gouvernement belge pour la manière dont il a pesé sur la décision de mettre fin aux jours du premier Premier ministre du pays », a dit M. De Croo à l'occasion de la cérémonie de restitution d'une dent de Patrice Lumumba.
Il a également pointé du doigt les responsables belges qui à l'époque "ont choisi de ne pas voir" et "de ne pas agir" face aux conditions de l'assassinat de Patrice Lumumba.
A titre de rappel, l'ancien Premier ministre de l'ancien Congo belge devenu indépendant le 30 juin 1960 (l'ex-Zaïre, aujourd'hui la République démocratique du Congo), Patrice Lumumba a été renversé dès mi-septembre 1960 par un coup d'Etat puis destitué et assigné en résidence surveillée. Il a été exécuté le 17 janvier 1961 avec ses deux compagnons de lutte, Maurice Mpolo et Joseph Okito, par des séparatistes de la région du Katanga avec l'appui de mercenaires belges. Son corps, dissous dans l'acide, n'a jamais été retrouvé.
Il sied de rappeler qu'une commission d'enquête parlementaire menée en Belgique entre 2000 et 2001 avait conclu à la "responsabilité morale" du royaume dans l'assassinat de Patrice Lumumba et plus tard en février 2002, par la voix du chef de la diplomatie belge de l'époque Louis Michel, le Gouvernement belge avait déjà présenté des "excuses" de la Belgique au peuple congolais.
Exaucée NSALA