Si les divergences d'idées entre Moïse Katumbi, président du parti politique Ensemble pour la République et le chef de l'État Félix Tshisekedi, ne relevaient que de la suspicion, ce mercredi 29 juin 2022, elles sont bel et bien devenues réelles et directes. En effet dans une adresse au peuple congolais, le parti de Moïse Katumbi a, à travers son porte-parole Olivier Kamitatu, exprimé sa désapprobation par rapport à tous les manœuvres entourant le processus électoral en République démocratique du Congo.
Dans cette adresse aux congolais, Olivier Kamitatu a pointé du doigt "l'opacité" de l'Union sacrée en ce qui concerne le déroulement du processus électoral, tout en indexant les problèmes antérieurs de cohésion liés au "manque" d'ouverture de cette famille politique : « Un très mauvais climat entoure notre processus électoral, il est caractérisé par un manque permanent des concessus, hier c'était au sujet de la désignation de membres de la Cour constitutionnelle et puis celle de membres de la CENI, aujourd'hui c'est la proposition de l'adoption des lois électorales. Une famille politique a décidé envers et contre tout le monde d'imposer sa loi en laissant à la CENI la liberté de choisir librement et à sa guise soit le vote manuel, soit le vote semi-électronique, soit le vol électronique ».
Le porte parole d'Ensemble pour la République a également fustigé le comportement des députés et sénateurs, qu'il accuse de vouloir "favoriser" le vote électronique : « La volonté des députés et sénateurs de favoriser le vote électronique est de plus en plus évidente. Alors que la loi électorale de 2015 précisait que le mode du vote électronique ne pouvait être appliqué aux élections en cours. Le Parlement vient simplement de supprimer cette disposition. Pour flouer l'opinion, les députés et sénateurs ont volontairement maintenu des contradictions »
L'ancien speaker de la chambre basse du Parlement a fait appel au peuple congolais afin de lutter contre ce qu'il qualifie de "fraude électorale massive" : « Cette proposition de la loi électorale en réalité ouvre grande la porte à une fraude électorale massive. Si nous voulons des élections transparentes et crédibles, il nous appartient aujourd'hui de dire non au vote électronique sans bulletin de vote. Ensemble pour la République récommande dans le vote semi-électronique avec imprimante [...] De dire non à la manipulation des résultats et d'exiger qu'ils soient affichés bureau de vote par bureau de vote [...] De dire non à l'impunité des agents de la CENI qui ne remettraient pas des procès-verbaux aux témoins, des sanctions exemplaires doivent être infidège infligées ».
Il sied de noter que la proposition de la loi électorale a été au cœur de la session de mars au Parlement, ainsi plusieurs députés de l'opposition avaient boycotté la participation aux plénières, accusant la majorité parlementaire de "manque" de tolérance et s'accaparer de cette proposition de loi.
Monge Junior DIAMA