Les violons ne s'accordent plus au sein de la coalition Lamuka, alors que le 14 juillet dernier Martin Fayulu, candidat malheureux de la dernière présidentielle a été porté encore une fois candidat de son parti l'Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECiDé) pour la présidentielle de 2023. Son allié fidèle depuis 2018, Adolphe Muzito a également pris position pour se présenter à la prochaine présidentielle.
Si les raisons valables de cette divergence d'idées n'étaient pas encore connues jusque-là, lors de son intervention sur les ondes de la Radio France Internationale (RFI), Adolphe Muzito avait dévoilé à demi-mot les éléments qui sèment actuellement la division au sein de cette coalition.
La convergence autour des programmes
En 2018, lors de la dernière présidentielle, Martin Fayulu, Adolphe Muzito ainsi que Jean-Pierre Bemba, Moïse Katumbi et Freddy Matungulu alors membres de la coalition Lamuka, avaient décidé de mettre leurs candidatures à la présidentielle de côté pour dégager un consensus autour d'un seul candidat qui devait porter le projet commun de la coalition. Ce consensus avait finalement abouti à la désignation de Martin Fayulu comme représentant de la coalition à de la dernière présidentielle.
Quatre ans plus tard, après les départs successifs de Bemba, Katumbi et Matungulu, cette manière de procéder afin de dégager le candidat commun de Lamuka ne fait plus l'unanimité. Lors de sa dernière sortie médiatique à la RFI a déclaré au sujet de la candidature commune au sein de Lamuka : « Je ne connais pas son programme donc le moment venu quand on va dégager des convergences autour de nos programmes respectifs à Martin et à moi, son parti au mien, mais aussi avec d'autres forces politiques et sociales. C'est sur cette base-là que des alliances politiques et électorales pourront avoir lieu ... Je serai candidat en 2023 dans moins de 6 mois, je présenterai ma candidature après le congrès de mon parti », une position que Devos Kitoko Mulenda, Secrétaire général de l'ECIDé avait déjà en amont refusé en affirmant que son parti n'acceptera pas un autre candidat à présidentielle à part Martin Fayulu et que Martin Fayulu était le candidat naturel de Lamuka, appelant ainsi Adolphe Muzito à se plier derrière ce dernier sans pour autant passer par un consensus de désignation comme en 2018.
Le rapprochent avec Joseph Kabila
Récemment Martin Fayulu et son parti se sont rapprochés un peu plus de l'ex-président de la République, Joseph Kabila et de sa famille politique, autour du "Bloc patriotique", un rassemblement de certains partis politiques d'opposition dirigé par l'Église Catholique, qui avait pour objectif de "dénoncer la gestion du pays par Félix Tshisekedi". Ce rapprochement n'a pas du tout rencontrer l'enchantement de tous, dont principalement Adolphe Muzito qui a ouvertement signifié que Joseph Kabila "n'est pas un allié approprié" pour lutter contre la fraude électorale et la vérité des urnes, car "c'est lui qui est à la base de la situation actuelle".
Si officiellement la scission de la coalition Lamuka n'est pas encore annoncée, en interne, les camps se lancent dans une lutte sans merci dans le seul but de conquérir le pouvoir en 2023. Savoir qui se désistera en premier pour soutenir l'autre afin d'éviter une mort certaine de la coalition Lamuka demeure la préoccupation de l'opinion publique. Qui vivra, verra !
Monge Junior Diama